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l’Histoire de cabaret

  • En 1929, Christopher Isherwood, un ressortissant britannique vivant en Allemagne, écrit : I am a camera with its shutter open – quite passive, recording, not thinking. Un des personnages qu’il y décrit est Sally Bowles, une anglaise excentrique et glamour – le genre de femme qui fait frémir les citoyens convenables.

  • Christopher Isherwood publie Mr. Norris Changes Trains, une nouvelle sur les agents doubles. Après cela suivent quatre autres livres, parmi lesquels Sally Bowles en 1937. Tout comme Balzac, son modèle, Isherwood décrit les gens qu’il a connus à Berlin pendant l’ascension du nazisme. Ces histoires ont été publiées aux Etats-Unis sous le titre The Berlin Stories (Adieu à Berlin).
  • L’auteur John van Druten écrit la pièce de théâtre I Am a Camera, inspirée par Sally Bowles d’Isherwood. La première se joue à Broadway avec Julie Harris dans le rôle de Sally. Isherwood, qui a rencontré Harris pendant les répétitions, écrit à son propos : « Elle est la vraie Sally, plus vraie que dans mon livre, et beaucoup plus réelle que la fille qui m’a inspiré pour l’écrire ».
  • Le film anglais I Am a Camera sort dans les salles. Julie Harris y joue le rôle principal de Sally Bowles aux côtés de Laurence Harvey qui interprète le rôle de Cliff, l’objet de son amour platonique.
  • La première du musical Cabaret mis en scène par Harold Prince, avec une musique de John Kander, des paroles de Fred Ebb et un livret de Joe Masteroff a lieu le 20 novembre. Cabaret est présenté par un MC (Master of Ceremonies) incarné par Joel Grey, qui commente, en parlant, chantant et dansant, les évènements auxquels il assiste : la prostitution, l’avortement, l’antisémitisme et l’ascension du nazisme. CABARET totalise 1165 représentations pendant trois ans et est récompensé par huit Tony Awards® en 1967.
  • Le metteur en scène Bob Fosse dirige une version cinématographique du musical CABARET avec Liza Minnelli dans le rôle de Sally Bowles. Celle-ci aboutit à une meilleure production d’un point de vue musical, mais le contenu ne correspond pas entièrement au récit original. Joe Masteroff déclare : "Au départ, Sally n’était pas du tout une bonne chanteuse. Elle faisait son show dans des clubs de troisième zone où il n’était pas rare d’assister à des pannes de lumières. Donc, pourquoi devrait-elle chanter convenablement ?" Mais le public ne s’en préoccupe pas. Chaque détail, de la coiffure de Minnelli jusqu’au maquillage de Joel Grey, devient une icône dans les années soixante-dix. Dans la version filmée, Joel Grey joue le rôle du Emcee et Michael York celui de Cliff. Kander et Ebb écrivent de nouvelles chansons pour le film parmi lesquelles Mein Herr, Money, Money et Maybe This Time.
  • Le public boude en 1987 la reprise à Broadway de la production d’Harold Prince. Le film a peut-être fait de l’ombre au spectacle. Bien que Joel Grey, toujours dans le rôle du Emcee, ait été plébiscité par le public, la pièce ne reçoit pas de bonnes critiques.
  • En 1993, le metteur en scène britannique Sam Mendes se sent attiré par ce qu’il a décrit comme « le germe d’un show périlleux, emballé dans un paquetage Broadway traditionnel ». CABARET est remis sur les planches par Mendes d’une manière totalement nouvelle : cette fois, la représentation se passe dans une vraie boîte de nuit. « Lorsque vous rentrez par l’entrée principale, vous pénétrez dans ce monde – un monde où prévalent d’autres règles », déclare Mendes. Les nouvelles représentations ont lieu au Donmar Warehouse à Londres. Le public est assis à des tables, des serveurs leur apportant à boire et à manger. Les artistes de l'ensemble font à la fois partie de l’orchestre et du chœur. Les jeunes gens et les jeunes filles, tatoués, affublés de piercings et couverts de tâches bleues, traînent leurs instruments sur le podium et commencent à en jouer. Le décor de Mendes est assez dépouillé. À la place des rames en mouvement utilisées par Harold Prince dans sa production, le décor se compose maintenant uniquement de quelques chaises en bois et d’un ventilateur au plafond (il ne pouvait y avoir plus de six chaises au même moment sur la scène). Mendes et Masteroff donnent un grand coup de balai en laissant choisir à tous leurs personnages – jeunes, vieux, hétéros, homos, bis et indécis – leur propre sexualité. Les rôles principaux du Emcee et de Sally Bowles sont attribués à Alan Cumming et Jane Horrocks. Le musical reçoit des critiques élogieuses et affiche complet tous les soirs.
  • CABARET est joué par la compagnie théâtrale Roundabout au théâtre Henry Miller à Broadway, transformé pour l’occasion en véritable boîte de nuit. Rob Marshall en co-signe la mise en scène et crée la chorégraphie. La première a lieu le 19 mars et à partir du mois de novembre de la même année, la pièce déménage au Studio 54. Le musical est récompensé par quatre Tony Awards®. Dans la distribution originale, les rôles principaux sont attribués à Alan Cumming (Emcee), Natasha Richardson (Sally Bowles) et Ron Rifkin (Herr Schultz). Puis d'autres comédiens connus tels que Brooke Shields, Deborah Gibbson, Teri Hatcher, Jon Secada, Gina Gershon, Neil Patrick Harris et Lea Thompson jouent alternativement un des rôles principaux.
  • Le 15 octobre 2003, Stage Entertainment Espagne présente cette nouvelle production de CABARET au Nuevo Teatro Alcalá de Madrid. Le théâtre est également transformé en véritable boîte de nuit pour cette production, les spectateurs prenant place à des tables avec lampes, chaises et serveurs au lieu des habituels fauteuils de théâtre. Avec trois ans de succès non-stop à Madrid, le spectacle rassemble plus de 750 000 spectateurs dépassant les mille représentations au soir de sa fermeture le 16 juillet 2006.

  • Du 14 février au 1er juillet, Stage Entertainment Hollande lance à Amsterdam une nouvelle production de CABARET qui connaît également un grand succès grâce aux talents conjugués de Ara Halici (Emcee) et de Pia Douwers (Sally Bowles). 
    Le 17 août, débute une tournée d'un an de CABARET à travers toute l'Espagne. 
    Le 26 octobre, la troupe française prend place aux Folies Bergère.
  • Le 13 septembre, CABARET entame sa deuxième saison au Folies Bergère. 
    6 nominations aux Molières.

  • Après 450 représentations et prés de 350.000 spectateurs, CABARET est présentée pour la dernière fois aux Folies Bergère le 27 janvier.
    1 nomination aux Molières.
  • CABARET signe son grand retour au théâtre Marigny à partir du 6 Octobre.
  • Pour la première fois, CABARET part en tournée à partir de janvier.

Sa genese

L’histoire de ce spectacle commence avec le célèbre metteur en scène et producteur de Broadway, Harold Prince . En 1966 lui vient l'idée de faire un musical qui traiterait d'un sujet important à cette époque aux Etats-Unis : le racisme. Il considère alors le récit de CABARET comme l’expression de ce qui se passe dans son pays à ce moment-là. Il est le créateur du concept du spectacle.


CABARET est le tout premier musical couronné de succès où les chansons commentent ce qui se passe sur scène, ce qui est révolutionnaire pour l’époque. Cette pièce, offrant à Joel Grey un rôle de premier plan, s’est jouée jusqu'en 1969 à Broadway puis a été adaptée avec succès au grand écran en 1972 par le metteur en scène Bob Fosse, avec Liza Minnelli dans le rôle principal. Les huit Tony Awards® remportés par la pièce et les huit Oscars® par le film font de CABARET un classique du cinéma et du théâtre de notoriété mondiale.


Tout le monde pense évidemment connaître parfaitement ce spectacle lorsque Sam Mendes présente en 1993 son CABARET au Donmar Warehouse de Londres. Mais il arrive avec une version novatrice, plus obscure et acerbe de la pièce. La dimension de cette production est moins importante que celle de la production originale et repose sur une vision audacieuse. À l'origine, il s’agissait d’une pièce de théâtre qui met en scène un cabaret ; Mendes a, au contraire, créé un cabaret dans lequel une pièce de théâtre musical se joue. Le public ne vient plus au Kit Kat Klub en tant que spectateur, mais se trouve dans le Kit Kat Klub, il fait partie de ce monde. Autre différence constatée dans la version de Mendes : de nouvelles chansons qui ne faisaient pas partie de la production originale de Broadway et qui ont été écrites plus tard pour le film – Mein Herr, Money, Money et Maybe This Time – ont été ajoutées. Le public peut également entendre dans cette production une chanson inédite du maître des cérémonies qui avait été écrite pour la version originale mais n’y avait jamais été chantée : I Don’t Care Much.

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